Tour d’horizon des robots industriels annoncés au premier semestre 2026
Au premier semestre 2026, les annonces publiées sur eautomation.fr montrent un marché de la robotique industrielle qui poursuit sa diversification, avec des lancements couvrant la robotique collaborative, la manutention lourde, la logistique mobile, les environnements pharmaceutiques et le recyclage des batteries.

Selon les statistiques World Robotics 2025 de l'IFR, 542 000 robots industriels ont été installés dans le monde en 2024, soit plus du double du niveau enregistré dix ans plus tôt. Les installations dépassent désormais 500 000 unités pour la quatrième année consécutive. L'Asie représente 74 % des déploiements, contre 16 % pour l'Europe et 9 % pour les Amériques.
Les annonces publiées au cours du premier semestre 2026 sur eautomation.fr montrent que les fabricants ne se concentrent plus uniquement sur l'augmentation des performances. Les nouveaux produits illustrent également une spécialisation croissante des robots selon les applications, les secteurs industriels et les modes de déploiement.
Les robots collaboratifs poursuivent leur montée en capacité

Cobot de la gamme PoWa d'ABB.
La robotique collaborative demeure l'un des segments les plus actifs. ABB Robotics a présenté la famille de cobots PoWa, composée de six modèles offrant des charges utiles comprises entre 7 et 30 kg. Les robots atteignent une vitesse maximale de 5,8 m/s, utilisent le contrôleur OmniCore et sont compatibles avec les outils de programmation Wizard Easy Programming et RobotStudio. ABB met également l'accent sur l'intégration de fonctions d'intelligence artificielle au sein de son architecture Autonomous and Versatile Robotics.
Dans une logique différente, Fanuc a développé le CRX-3iA, un robot collaboratif portable de seulement 11 kg pouvant être déplacé manuellement par un opérateur. Avec une charge utile de 3 kg, une répétabilité de ±0,02 mm et une détection automatique de son orientation d'installation, il cible principalement les opérations de soudage de grandes structures, mais également des applications de logistique mobile ou de formation.

Cellule de soudage robotisé développée par Teqram.
Le soudage collaboratif constitue également le domaine d'application du système EasyWelder développé par Teqram. Cette cellule robotisée met en œuvre un cobot ABB GoFa associé à une source de soudage Fronius. Son architecture à double poste permet à un opérateur de charger une table pendant que le robot soude sur la seconde, limitant ainsi les temps d'arrêt liés aux changements de série. Le système intègre également un suivi automatique du cordon par vision 3D et une programmation manuelle simplifiée.
Les fabricants renforcent leurs gammes de robots industriels
Les robots industriels conventionnels évoluent également avec des capacités de charge plus étendues.
Kuka complète sa gamme KR Cybertech avec deux nouveaux modèles de 25 kg et 35 kg de charge utile. Ils conservent le même encombrement que les générations précédentes tout en bénéficiant d'un nouveau poignet plus rigide, du contrôleur KR C5 slim et du système d'exploitation iiQKA.OS2.
Le constructeur allemand introduit également la famille KR Agilus ultra, qui vient combler l'espace entre les robots KR Agilus et KR Cybertech nano. Cette nouvelle série porte la charge utile jusqu'à 16 kg, tout en conservant une architecture compacte adaptée aux cellules d'automatisation fortement intégrées.

Robot de la famille KR Agilus ultra de Kuka.
Dans le segment des très fortes charges, Kuka lance le KR Titan ultra, dont la capacité atteint 1 500 kg pour une portée maximale de 4 200 mm selon les versions. Destiné notamment à la manipulation de batteries, d'outillages et de composants de carrosserie, ce robot répond aux besoins croissants de l'industrie automobile.
Yaskawa renouvelle également son offre de manutention lourde avec les robots Motoman GP215L, GP400L et GP700. Ces modèles offrent respectivement des charges utiles de 215, 400 et 700 kg, avec des portées pouvant atteindre 3 718 mm, afin de manipuler des pièces volumineuses ou des ensembles de batteries.
Des robots de plus en plus spécialisés
Une autre tendance concerne le développement de robots spécifiquement conçus pour certains secteurs industriels. Yaskawa a lancé deux robots destinés aux industries pharmaceutiques et des sciences de la vie. Compatibles avec les salles blanches ISO 4 et ISO 5, protégés IP69 et résistants aux agents de désinfection, ils sont conçus pour automatiser la manipulation de produits chimiques, d'échantillons ou de petits contenants tout en limitant les risques de contamination.
Dans le domaine du recyclage, Liebherr-Verzahntechnik a développé la cellule LHDismantle, destinée au démontage automatisé des batteries haute tension. Le système repose sur une technologie brevetée de dévissage tactile associée à un jumeau numérique permettant d'adapter automatiquement les séquences de démontage aux différentes conceptions de batteries.

Cellule robotisée de la gamme LHDismantle conçue pour le démontage des batteries
La logistique demeure un domaine privilégié pour les nouveaux développements. La start-up française Marso Robotics propose une plateforme robotique mobile autonome destinée à la palettisation, au déchargement de conteneurs ou à la dépalettisation. Son originalité réside dans son modèle Robot-as-a-Service (RaaS), qui inclut le déploiement, la maintenance et les mises à jour sans investissement initial pour l'utilisateur.
De son côté, Kawasaki Robotics élargit sa gamme de robots de palettisation avec le CP110L. Ce nouveau modèle de 110 kg complète une gamme couvrant désormais les charges utiles de 110 à 700 kg. Son poignet creux, sa faible hauteur d'installation, sa cadence de 2 200 caisses par heure et son système de récupération d'énergie visent les cellules de palettisation compactes.
Une offre plus segmentée
Au-delà des performances, les lancements du premier semestre 2026 montrent une segmentation de plus en plus fine des gammes. Les constructeurs cherchent à proposer des robots adaptés à chaque plage de charge utile et à chaque environnement de production, depuis les petits robots de 16 kg jusqu'aux manipulateurs de 1500 kg, en passant par les cobots, les robots pour salles blanches, les cellules de recyclage ou les plateformes mobiles.
Parallèlement, plusieurs annonces mettent en avant des évolutions logicielles — intégration de l'intelligence artificielle, jumeaux numériques, programmation simplifiée ou supervision à distance — qui accompagnent les évolutions mécaniques des robots. Les nouveaux lancements témoignent ainsi d'un marché où la différenciation repose autant sur la spécialisation des applications, la facilité de déploiement et les fonctionnalités numériques que sur l'augmentation des performances pures.
Publié par Youssef Belgnaoui, rédacteur pour Induportals.

