Schneider et le CEA prolongent leur collaboration
Schneider Electric et le CEA ont renouvelé pour trois ans leur laboratoire dédié à la cybersécurité des équipements industriels.
www.se.com

Cette collaboration, initiée il y a six ans, vise à relever les défis actuels et futurs liés à la sécurité des systèmes embarqués, depuis leur conception jusqu’à leur utilisation.
Un partenariat axé sur la sécurité des produits industriels
La cybersécurité est un enjeu central pour Schneider Electric, qui intègre des mesures de protection dans l’ensemble de ses produits, allant des capteurs aux disjoncteurs moyenne tension, en passant par les passerelles EcoStruxure. Comme l’explique Nathalie Feyt, VP Product Security de la branche Energy Management de Schneider Electric : « Il s’agit avant tout de garantir l’intégrité et l’authenticité des logiciels embarqués dans nos produits, souvent utilisés dans des environnements critiques. Nous accordons également une attention particulière à la résilience cyber : en cas d’attaque, il ne doit y avoir aucune incidence sur la sécurité des personnes ni sur la continuité des activités de nos clients. »
Pour renforcer la sécurité de ses composants, Schneider Electric collabore depuis 2019 avec le CEA-Leti, un acteur reconnu pour son expertise en cybersécurité, notamment à travers son Centre d’Évaluation de la Sécurité des Technologies de l’Information (CESTI), agréé par l’ANSSI. Ce partenariat complète l’expérience de Schneider Electric en matière de codage sécurisé et d’évaluation de la sécurité des produits embarqués.
Une approche globale de la cybersécurité, du design à l’utilisation
Le laboratoire commun, créé en 2020, a pour objectif de couvrir l’ensemble du cycle de vie des produits, en intégrant des mesures de sécurité dès la phase de conception. Marion Andrillat, responsable des partenariats industriels en cybersécurité au CEA-Leti, précise : « Notre approche "secure by design" consiste à définir des mesures de protection dès la conception, en conformité avec les exigences réglementaires et les standards applicables. Nous testons et qualifions ensuite la robustesse de ces mesures. Enfin, nous travaillons à détecter et contrer les attaques pendant l’utilisation des produits, en mettant en œuvre des mécanismes de résilience cyber. »
Parmi les réalisations du laboratoire, on trouve le développement d’un banc de test dédié à l’analyse des vulnérabilités des protocoles de communication sans fil. Les partenaires ont également exploré des mécanismes de détection d’attaques pour les systèmes embarqués, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle. L’idée est de détecter les comportements anormaux plutôt que de tenter de prédire les caractéristiques des attaques futures. Un modèle d’IA peut ainsi apprendre le fonctionnement nominal d’un système et déclencher une alerte en cas d’écart, ce qui peut indiquer une tentative d’intrusion.
Une prolongation pour aborder les nouveaux défis de la cybersécurité
À la fin de l’année 2025, Schneider Electric et le CEA ont décidé de prolonger leur collaboration pour trois années supplémentaires. Cette extension permettra d’approfondir les travaux en cours et d’explorer de nouveaux enjeux, tels que :
• La cryptographie post-quantique, pour anticiper les risques liés à l’émergence des ordinateurs quantiques.
• La sécurisation des communications des objets connectés industriels (OT).
• La sécurité de l’IA embarquée, un domaine en pleine expansion.
• L’optimisation de la gestion des vulnérabilités, en réponse aux évolutions réglementaires.
Nathalie Feyt souligne l’importance de ces travaux : « Il reste encore beaucoup à développer en matière de cybersécurité. Nous souhaitons poursuivre nos travaux conjoints et les intégrer davantage dans nos pratiques de conception. Nous voulons également explorer des sujets émergents, comme la cryptographie post-quantique. »
Marion Andrillat ajoute que cette prolongation permettra aussi de se préparer aux nouvelles réglementations, comme le Cyber Resilience Act, qui entrera en vigueur en décembre 2027. Ce texte imposera aux fabricants de prendre en compte les vulnérabilités connues des produits comportant des éléments numériques, renforçant ainsi les exigences de conformité.
www.se.com

